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L’heure des adieux a sonné pour moi, en ce 29 août, après 29 ans au service de votre hebdomadaire régional.
Que le temps passé semble court comparativement à celui que l’on anticipe. Je me souviens comme si
c’était hier de ce début juillet 1974 où j’entrais au département des ventes (et de la photo, et du montage, et de la rédaction) du Courrier Sud, pour essayer seulement, pour savoir si j’aimais cela davantage que l’enseignement, pour tâter une expérience nouvelle et stimulante. La suite, comme le dit l’expression, est de l’histoire ancienne.
J’offre toute ma reconnaissance à Guy Rouleau, alors propriétaire du Courrier Sud, qui m’a non seulement donné la chance d’entrer au journal mais, surtout, qui m’a à peu-près tout appris de ce métier passionnant, qui m’a encouragé dans les moments difficiles et m’a brassé à certaines occasions ! Ma reconnaissance va aussi à mes premiers collègues de travail au Courrier Sud : Jean Provencher, Rita Dolan Caron et Pierre St-Germain. Chacun dans sa spécialité ils ont été mes mentors.
À mes débuts au journal, les télécopieurs, les ordinateurs et les téléphones cellulaires n’existaient pas, tout se faisait à la main ou par téléphone. L’ambiance bon enfant qui régnait à cette époque fait contraste avec les façons de faire professionnelles d’aujourd’hui qui, à leur tour, sont probablement à des lieues de celles de demain. La profession, comme toutes les autres, évolue et il faut s’adapter au changement perpétuel et parfois trop accéléré. Bien que toujours stimulant, cela peut aussi devenir paniquant. La force de la jeunesse réside justement en cette capacité d’adaptation au changement qui, quand elle s’émousse avec l’âge, vous montre gentiment qu’il est peut-être l’heure de passer le flambeau à un plus jeune.
J’ai conservé la première édition du Courrier Sud à laquelle j’avais travaillé et, si ce n’était du folio, vous croiriez qu’il s’agit d’une publication centenaire tellement la différence de facture entre cette édition de juillet 1974 et celle que vous lisez présentement saute aux yeux : conservez votre exemplaire d’aujourd’hui et comparez-le avec celui du Courrier Sud du 31 août 2032, si vous êtes assez patient vous comprendrez ce que je veux dire !
Au cours de ma carrière au journal, j’ai connu un nombre impressionnant de personnes, de toutes les professions, de toutes les couches de la société et rares sont celles que j’aurais préféré ne pas rencontrer… mais il y en a eu, que je nommerai certainement pas dans un texte d’adieu. D’autre part, mentionner toutes celles qui m’ont marqué nécessiterait un cahier spécial, tant et si bien que je ne me prêterai pas à l’exercice périlleux de n’en nommer que quelques-unes.
Le Courrier Sud du début du nouveau millénaire se transforme à la vitesse grand V. Avec l’arrivée du propriétaire actuel en 2001, Transcontinental Médias, votre journal hebdomadaire s’est tourné résolument vers l’avenir. Ce groupe de presse dynamique montre la voie à toutes les autres publications, inventant des façons de faire innovatrices, tant pour ses clients que pour ses employés. Cette entreprise est ce qui pouvait arriver de mieux pour l’avenir du Courrier Sud, engagé depuis dans un processus d’amélioration continue, à tous les niveaux.
En terminant, j’offre à Nancy Allaire, nouvelle éditrice du Courrier Sud, le plus grand des succès dans sa nouvelle tâche exigeante mais combien stimulante. Jeune gestionnaire aguerrie, madame Allaire insufflera un vent de jeunesse pour le plus grand bénéfice des lecteurs, annonceurs et employés. À mes collègues de travail des dernières années, je désire exprimer ma gratitude pour nos relations le plus souvent harmonieuses et leur souhaite le plus grand bonheur au sein de la petite famille du Courrier Sud. Quant à moi, je relèverai d’autres défis.
Jean Blanchette
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